{"id":558,"date":"2019-02-19T10:50:47","date_gmt":"2019-02-19T09:50:47","guid":{"rendered":"http:\/\/automotive-info.org\/?p=558"},"modified":"2019-02-19T10:50:48","modified_gmt":"2019-02-19T09:50:48","slug":"les-rolls-royce-silver-shadow-et-bentley-t","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/automotive-info.org\/?p=558","title":{"rendered":"LES ROLLS ROYCE SILVER SHADOW ET BENTLEY T"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Il\ny a quarante-trois ans sortaient de l\u2019usine de Crewe les premiers exemplaires\ndes RollsRoyce Silver Shadow (ombre d\u2019argent) et Bentley S\u00e9rie T, des mod\u00e8les\nqui allaient r\u00e9solument rajeunir l\u2019image d\u2019un constructeur dont les voitures\n\u00e9taient devenues, au fil des ann\u00e9es, assez d\u00e9su\u00e8tes.&nbsp; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La presse en parlait depuis quelque temps d\u00e9j\u00e0, mais c\u2019est\nofficiel \u00e0 compter du Salon de Paris 1965 : Rolls est en baisse. En baisse ?\nOui, de quatorze centim\u00e8tres exactement. C\u2019est ainsi : tous les dix ans, les\nRolls-Royce (2.000 unit\u00e9s construites chaque ann\u00e9e) changent de carrosserie.\nPour remplacer ses Silver Cloud III \/ Bentley S3 apparues sous leur forme\ninitiale en avril 1955, les ing\u00e9nieurs maison, et en particulier le bureau de\ndesign dirig\u00e9 par John P. Blatchley, ont longuement \u00e9tudi\u00e9 un mod\u00e8le assez\ncompact (longueur 5,17 m, largeur 1,80 m), aux lignes abaiss\u00e9es (la hauteur\nn\u2019est que de 1,52 m), dont la calandre n\u2019est pas plus haute que large et dont\nles lignes \u00ab ponton \u00bb vont bouleverser les habitudes des clients, habitu\u00e9s aux\nailes pro\u00e9minentes des anciens mod\u00e8les.&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>C\u2019est une r\u00e9volte ? Non, Sire, c\u2019est une r\u00e9volution<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>La seconde r\u00e9volution est invisible et concerne la\nstructure de la caisse. La nouvelle Rolls est construite autour d\u2019une\ncarrosserie monocoque en acier, sur laquelle viennent se greffer deux\nfauxch\u00e2ssis, l\u2019un \u00e0 l\u2019avant, destin\u00e9 \u00e0 soutenir l\u2019imposant ensemble\nmoteur-bo\u00eete, l\u2019autre \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, pour le diff\u00e9rentiel et la suspension. Les\nroues arri\u00e8re sont ind\u00e9pendantes : il \u00e9tait temps que Rolls-Royce adopte cette\ncaract\u00e9ristique depuis longtemps quasiment g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e m\u00eame chez les constructeurs\n\u00ab d\u00e9mocratiques \u00bb ! Troisi\u00e8me r\u00e9volution : la suspension assur\u00e9e par des\nressorts h\u00e9lico\u00efdaux se double d\u2019un syst\u00e8me de r\u00e9glage de hauteur et de\ncontr\u00f4le automatique de l\u2019assiette du v\u00e9hicule, une solution pour laquelle le\nconstructeur de Crewe paie des royalties \u00e0\u2026 Citro\u00ebn ! \u00c0 partir de 1969, ce\ndispositif sera r\u00e9serv\u00e9 aux seules roues arri\u00e8re, un peu comme sur une Citro\u00ebn\n15 H. Quatri\u00e8me r\u00e9volution : des freins \u00e0 disques sur les quatre roues, la\nmarque ayant jusque-l\u00e0 pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 s\u2019en tenir aux freins \u00e0 tambour, jug\u00e9s moins\nbruyants ; mais les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s par les \u00e9quipementiers ont d\u00e9cid\u00e9 les\ning\u00e9nieurs \u00e0 adopter une solution plus conforme au gabarit et au poids de la\nvoiture (2.100 kg \u00e0 vide, quand m\u00eame !) ; le syst\u00e8me de freinage est \u00e0 triple\ncircuit. <\/p>\n\n\n\n<p>Quelle mouche a donc piqu\u00e9 Rolls-Royce ? En fait, l\u2019insecte\ndont l\u2019aiguillon est rest\u00e9 dans le cuir pourtant \u00e9pais du constructeur de Crewe\nvient d\u2019Allemagne et porte le nom de Mercedes-Benz. Moderne et \u00e9l\u00e9gante, la \u00ab\n600 \u00bb pr\u00e9sent\u00e9e au Salon de Francfort 1963 est une rivale tr\u00e8s s\u00e9rieuse et tr\u00e8s\nperfectionn\u00e9e qui, depuis deux ans d\u00e9j\u00e0, fait un malheur aupr\u00e8s des d\u00e9cideurs\net des chefs d\u2019\u00c9tat du monde entier ; l\u2019Angleterre se devait donc de r\u00e9agir \u00e0\nla menace germanique\u2026&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>Comme son pr\u00e9d\u00e9cesseur, le nouveau mod\u00e8le est disponible\nsous les deux marques Rolls-Royce et Bentley, les diff\u00e9rences se limitant \u00e0 la\npr\u00e9sence d\u2019une calandre emboutie sur la Bentley et r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 la main en acier\ninoxydable sur la Rolls. Le prix de la Bentley en est l\u00e9g\u00e8rement diminu\u00e9 : en\noctobre 1966, une berline S\u00e9rie T co\u00fbtera 123.000 F contre 125.000 F pour la\nRolls correspondante ; pour situer les id\u00e9es, le nouveau coup\u00e9 Bentley\nContinental T vaudra alors 178.000 F, pr\u00e8s de dix fois le prix qu\u2019une Citro\u00ebn\nDS 21 factur\u00e9e 18.535 F\u2026 \u00c0 partir de 1969, pour concurrencer la Mercedes 600\nPullmann, Crewe proposera aussi une Shadow \u00e0 ch\u00e2ssis allong\u00e9, dite \u00ab LWB \u00bb\n(long wheel base).&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>La\nloi du silence&nbsp; <\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Pour le reste, les caract\u00e9ristiques techniques ne\nd\u00e9sorienteront pas les fid\u00e8les de la marque : la voiture est, dixit le\ncatalogue, <em>\u00ab d\u2019une facture moderne tout\nen conservant toutes les caract\u00e9ristiques de qualit\u00e9 et de finition que l\u2019on\nassocie au nom de Rolls-Royce et Bentley \u00bb.<\/em> L\u2019\u00e2me du v\u00e9hicule reste donc un\nV8 construit en aluminium, d\u2019une cylindr\u00e9e de 6.230 cm3 (elle passera \u00e0 6.750\ncm3 en 1969, sur les mod\u00e8les export puis sur toute la gamme). Le moteur a vu sa\npuissance am\u00e9lior\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 des t\u00eates de cylindres redessin\u00e9es ; il est\naccoupl\u00e9 \u00e0 une bo\u00eete automatique comportant quatre vitesses lorsque la voiture\nest livr\u00e9e en conduite \u00e0 droite, trois pour les march\u00e9s o\u00f9 la voiture est\nlivr\u00e9e en conduite \u00e0 gauche, y compris les march\u00e9s nord-am\u00e9ricains. La\ntechnique de cette bo\u00eete est proche de l\u2019Hydramatic de General Motors.&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>Autre habitude \u00e0 laquelle l\u2019usine n\u2019entend pas d\u00e9roger :\ncelle du secret. On ne trouvera en effet sur le catalogue aucune mention de la\npuissance r\u00e9elle dudit moteur : elle est \u00ab suffisante \u00bb, dit-on chez Rolls ; on\npeut l\u2019estimer \u00e0 280 ch environ). Pas de mention non plus de la vitesse\nmaximale : on pr\u00e9tend, \u00e0 Crewe, n\u2019avoir l\u2019intention de faire la course avec\npersonne ; quoi qu\u2019il en soit, les 190 km\/h sont atteints sans probl\u00e8me. Enfin,\nle constructeur n\u2019indique pas la consommation en carburant, qui repr\u00e9sente il\nest vrai un probl\u00e8me secondaire pour le possesseur d\u2019une voiture de 36 CV\nfiscaux ; Rolls-Royce affirme simplement que ce poste ne peut r\u00e9server qu\u2019une\nheureuse surprise \u00e0 la client\u00e8le\u2026 <\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>Coup\u00e9,\nou berlinette ?&nbsp;&nbsp; <\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Initialement pr\u00e9sent\u00e9e en berline 4 portes, la Silver\nShadow \/ s\u00e9rie T va \u00eatre rapidement \u00e9paul\u00e9e par des ex\u00e9cutions sp\u00e9ciales\npr\u00e9par\u00e9es par les carrossiers attitr\u00e9s par la firme, qui se partagent depuis\nlongtemps la r\u00e9alisation des Rolls \/ Bentley hors s\u00e9rie (si tant est qu\u2019on\npuisse parler de \u00ab s\u00e9rie \u00bb pour de tels mod\u00e8les). James Young tire le premier\nen pr\u00e9sentant d\u00e8s le Salon de Londres 1965 un coup\u00e9 Rolls et un coup\u00e9 Bentley\nsur la base des nouveaux mod\u00e8les ; ces r\u00e9alisations conservent les lignes\nrectilignes d\u2019origine et se pr\u00e9sentent donc plut\u00f4t comme de \u00ab simples \u00bb d\u00e9riv\u00e9s\n\u00e0 deux portes. En revanche, la \u00ab berlinette \u00bb pr\u00e9sent\u00e9e au mois de mars suivant\n\u00e0 Gen\u00e8ve par H. J. Mulliner, qui a fusionn\u00e9 depuis 1961 avec le carrossier Park\nWard, fait l\u2019unanimit\u00e9 avec sa ceinture de caisse \u00e9l\u00e9gamment galb\u00e9e qui lui\nconf\u00e8re une image moins raide, plus sportive, plus exclusive. Aussi le\nconstructeur int\u00e9grera-t-il la carrosserie Mulliner dans son catalogue pour\n1967, tandis que le coup\u00e9 James Young ne sera pas fabriqu\u00e9 \u00e0 plus de 35\nexemplaires en version Rolls-Royce et 15 en version Bentley. Il est vrai que\nMulliner et Park Ward appartiennent \u00e0 la firme de Crewe, respectivement depuis\n1939 et 1959\u2026&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Aujourd\u2019hui,\nacheter une berline Silver Shadow 1 ou une S\u00e9rie T1 est un r\u00eave presque\naccessible, car la cote de ces voitures qui furent assez diffus\u00e9es (voir\nci-dessous) reste raisonnable (20.000 \u20ac pour un mod\u00e8le en bon \u00e9tat) au regard\ndes caract\u00e9ristiques du v\u00e9hicule ; cependant, si le prix d\u2019achat para\u00eet\naccessible, on sera bien inspir\u00e9 de pr\u00e9voir un g\u00e9n\u00e9reux budget \u00ab entretien \u00bb\npour conserver \u00e0 sa belle les prestations que laisse attendre son nom\nprestigieux.&nbsp; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Production des Rolls-Royce Silver Shadow et\nBentley S\u00e9rie T 1res s\u00e9ries <\/h4>\n\n\n\n<p><strong>22.473\nexemplaires (1965-1977) <\/strong><\/p>\n\n\n\n<table class=\"wp-block-table\"><tbody><tr><td>\n  <strong>&nbsp;<\/strong>\n  <\/td><td>\n  <strong>RR Silver Shadow <\/strong>\n  <\/td><td>\n  <strong>Bentley T1 <\/strong>\n  <\/td><\/tr><tr><td>\n  <strong>Ch\u00e2ssis courts <\/strong>\n  <\/td><\/tr><tr><td>\n  Berlines 4 portes ch\u00e2ssis court \n  <\/td><td>\n  16.717&nbsp; \n  <\/td><td>\n  1.703 \n  <\/td><\/tr><tr><td>\n  Berlines 2 portes ch\u00e2ssis court \n  <\/td><td>\n  606 (dont 35 JamesYoung) \n  <\/td><td>\n  114 (dont 15 James Young) \n  <\/td><\/tr><tr><td>\n  Coup\u00e9s \n  <\/td><td>\n  1 \n  <\/td><td>\n  1 (Pininfarina, 1968 ;&nbsp;\n  \n  pr\u00e9figure la RR Camargue) \n  <\/td><\/tr><tr><td>\n  Cabriolets \n  <\/td><td>\n  505 \n  <\/td><td>\n  41 \n  <\/td><\/tr><tr><td>\n  <strong>Ch\u00e2ssis longs <\/strong>\n  <\/td><\/tr><tr><td>\n  Berlines 4 portes&nbsp; \n  <\/td><td>\n  2.776 \n  <\/td><td>\n  9 \n  <\/td><\/tr><tr><td>\n  <strong>TOTAL <\/strong>\n  <\/td><td>\n  <strong>20.605 <\/strong>\n  <\/td><td>\n  <strong>1.868 <\/strong>\n  <\/td><\/tr><\/tbody><\/table>\n\n\n\n<p> Patrick Maendly  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a quarante-trois ans sortaient de l\u2019usine de Crewe les premiers exemplaires des RollsRoyce Silver Shadow (ombre d\u2019argent) et<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[25],"tags":[],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/automotive-info.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/558"}],"collection":[{"href":"https:\/\/automotive-info.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/automotive-info.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/automotive-info.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/automotive-info.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=558"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/automotive-info.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/558\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":559,"href":"https:\/\/automotive-info.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/558\/revisions\/559"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/automotive-info.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=558"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/automotive-info.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=558"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/automotive-info.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=558"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}